Avec Julien, nous avons passez une semaine sur l ile de Pentecote au nord est de l archipel du Vanuatu. Pour ne pas vous souler avec un long article, je vous propose de faire plusieurs petits postes sur des themes differents.
Forcement je dois commencer par … le kava.
Si vous allez dans le sud ouest en France, il faut manger du cassoulet (oulala rien que de l ecrire ca m en donne l eau a la bouche) et bien si vous allez a Pentecote, il faut boire le kava de Pentecote. C’est une des iles (avec Tanna) qui produit le plus de kava en l envoyant a Vila ou meme a Noumea. Un tres beau reportage de Thalasse, diffuse en septembre, le montre. Tous les villageois plantent du kava pour leur propre consommation, mais aussi pour l envoyer a Vila tous les mardi grace au Brisk, la bateau qui relie Pentecote a Efate. Les villageois envoient generalement un sac de 30 kg de racine de kava et ils en tireront environs 15 000 vatus (130 euros).
Le nakamal de Pentecote sont de tres grandes maisons avec une sorte de au vent a l entrée. Bien que les femmes ne boivent pas, le nakamal ne leur est pas interdit. Lors de reunions, de fetes de village elles peuvent y rentrer. Traditionnellement, le toit est en natangora tresse (une sorte de palmier), les murs en bambou tresses et les poteaux en tronc de cocotier. Les nakamal sont massifs et volumineux. Il y a toujours un feu de braise dans un coin et au dessus de l entrée, delimite par un enorme tronc d arbre couche, sont accrochees les marchoires de cochons tues lors des ceremonies coutumieres.
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8h, les hommes rentrent du jardin, se lavent et, pour certains après la priere, se dirigent vers le nakamal avec quelques morceaux de la precieuse racine. Les femmes restent a la maison pour preparer le repas. A Pentecote, comme dans beaucoup d iles du nord, le kava est broye a la pierre. Chaque homme a son propre materiel : un plat a kava en bois coupe dans un arbre appele natakanbol, deux bouteilles dont le goulot a ete coupe, une pierre en corail en forme de cylindre pointu, un shell en coco, une boite de conserve et de la fibre de cocotier. L hommes a broyer les morceaux de kava avec la pierre. Des qu il en a obtenu deux ou trois poignees, il rajoute un peu d eau et mélange sur le plat a kava. Il en prend une poignee et la place dans la fibre de cocotier (appele kalico blong coconuts, traduisez tissus de cocotier) et is presse le tout au dessus d une des bouteilles. Le volume obtenu est d a peu pres un litre. L homme
nettoie la fibre et il refiltre le contenu de la premier bouteille dans la seconde. Remarque au passage l hygiene imposee dans ce processus centenaire… La personne ayant prepare le kava appel une personne : “Bubu, kava I stap” (Grand Pere le kava est pret). A ce moment il verse le kava dans le shell pose sur la boite de conserve en le filtrant une nouvelle fois. Une mousse se forme au dessus du kava. Le kava se boit un genoux a terre face a la personne l ayant fait. Cette position n est pas la meilleur a mon sens car en etant a croupis, on se plie l estomac au moment de boire et si on a un peu trop de kava, c est assez dur de le jeter face a la personne qui vous l a prepare …
Contrairement aux nakamal de Tanna qui sont silencieux des que le kava a ete bu, a Pentecote, le nakamal est un lieu d echange et de paroles. Les enfants sont la avec nous, les adolescents preparent le kava pour les plus vieux. Le lieu vit. Les enfants se marrent, les hommes broient le kava en parlant. Parfois un raclement de gorge suivi d un crachat retenti. Une petite table permet de poser un petit kakae pour wasem mous, c est a dire des petits trucs a grignoter pour se rincer la bouche. Les vieux (et le Fred) fument la pipe. Des pipes toutes defoncees car pour alumer les feuilles de tabac, ils posent sur le foyer une braise.
Les shell se suivent, quand les plastiques sont vides, les hommes remelangent le makas (le kava broye qui a deja ete utilise) avec de l eau et ils remplissent a nouveau les bouteilles.
Pendant ce temps la, les femmes ont prepare le repas …