Ca faisait près d’un an que je ne m’étais pas mis à l’eau avec mon fusil. Des problèmes d’oreille puis d’emploi du temps chargé m’en avaient empêché. Et l’occasion de rêve est venue à moi : 3 jours de bateau et pêche autour de Lelepa, une île à l’est d’Efaté dans l’archipel du Vanuatu.
Bien que mes sandeaux étaient bons a changés nous avons pu nous mettre plusieurs fois à l’eau près de la passe entre Lelepa et Moso. Pour la première nous avions mal choisi notre timing. On était à l’eau entre 11h et 1h de l après midi. A cette heure les poissons sont timides et on a un mal fous à les approcher. Mais ce ne fut pas du temps perdu. Nous avons pu croiser un dugon (qui avait déjà nagé près de notre bateau la veille) et sur un banc de sable nous avons rencontré 3 raies. Deux d’entre elles sont parties sans demander leur reste mais une troisième est restée sous moi à 10 – 12 m pendant plusieurs minutes. Je ne connais pas bien ces poissons mais je sais que même si leur nage est gracieuse, elles peuvent être dangereuses avec leur dar. Je me suis donc abstenu de descendre la caresser.
La pêche suivante, le soir entre 5 et 6h a été beaucoup plus fructueuse. L’heure et le temps était idéal. Le soleil descendait derrière Lelepa ce qui nous permettait en plongeant coté île d’être moins visibles pour le poisson. Sous l’eau s’était la récréation. Pas besoin de s’éloigner de plus de 20 mètres du bateau pour trouver du poisson. Le fond était sableux avec des patates de corail plus ou moins hautes.
De la surface, je vois une ombre de mérou ondulée à côté d’une patate à 10 m de fond. Je retiens ma respiration et je descends le fusil en avant vers le poisson. En me rapprochant je me rends compte que pas moins de 4 autres mérous sont dans ce corail. En changeant de cible pour tirer un plus gros, je les fais tous fuir. Deux fois de suite la même erreur m’empêche de tirer. Je commence à avoir le souffle court. Je ne suis pas habituer à descendre si bas mais la 3ème et la bonne, je tire et pique un mérou de 40 cm. Je ne le tue pas et il se met dans un trou, merde ! J’ai du y redescendre 3 fois avant de décoincer la flèche. Il ne me suffisait pas de tirer sur le fusil, j’ai du atteindre la flèche 2 mètres plus loin et la faire jouer entre le recif pour la décoincer. J’ai cru devoir couper la corde et perdre la poisson, mais la descente suivante fut la bonne, bingo !!
Fatigué par cet effort, j ai préféré faire quelques essais en zone moins profonde. Alors que je plonge sur une petite patate plate, je vois un perroquet disparaître derrière le corail. Je l’attends un mètre plus loin de l’autre côté et tire. La flèche lui rentre dans l’œil, le pauvre vieux est mort sur le coup.
Une heure après m’être mis à l’eau, j’en ressortais avec 2 belles prises pour le repas du soir.
Le lendemain, lors de notre retour sur Port Vila on avait laissé 4 lignes trainer. La mer était d’huile, pas un pet de vent. Le petit voilier avançait à 5 nœuds au moteur. Au large de Devils Point une touche sur une des cannes à pêche. Oliver remonte la prise, un wahoo qui casse à 2 mètres du bateau. Motivé par cette touche, Oliver relance la ligne. 10 min plus tard une des bobines saute sur le pont du bateau, on a juste le temps de voir un merlin bondir et casser le fil hors de l’eau a 25 mètre à l’arrière du bateau. Premier wahoo et premier merlin, on ne les a pas ramenés au bateau, mais s’en fout !
Deux jours plus tard je croisais un ami pêcheur en ville, forcément on parle pêche. Je lui demande: "T'as pu pêcher dernièrement?
- Oui, hier on était avec mon petit cousin a Forari (Est Efaté), j ai piqué un thon jaune et mon cousin un gros Napoléon, et toi?"
Je me suis senti con avec mon petit mérou et mon perroquet...
Sori lo yu bro!! Bah, au moins tu as eu qqch et puis toi aussi tu aurais pu tirer un thon... si tu en avais croisé un!
Posted by: Miguel | January 04, 2012 at 11:28 PM